douleur viscérale

Mon histoire

 

 

Avec le recul, les prémices de mes TCA remontent assez loin. Je penses que cela a commencé au collège: j'avais tellement honte de mon corps qu'il m'était impossible de manger au self et que les autres me voient. Dès que j'arrivais vers la porte du réfectoire avec tout ce monde qui me verrait manger, j'avais une angoisse opressante qui montait. 

 

J'avais peu d'amis car j'étais très timide et mal dans ma peau. En général mes amis étaient des personnes seules et rejetées. La plupart, victimes de moqueries sur leur poids, leur physique. Au final je suis arrivée en 3 ème, ma meilleure amie était "obèse" (je hais la signification dépréciatrice de ce mot), beaucoup l'insultait. je ne supportais pas, j'ai répondu à sa place. Tout le monde s'est retourné contre moi, un groupe de filles m'ont attendu à la sortie pour me tabassé. Et aussi ironique que cela puisse paraitre, cette amie que j'avais déféndue m'a laissé en plan. Finalement, je leur ai tenu tête et elles n'ont pas été au bout de leurs menaces. J'ai quitté la troisième encore sans amis, je l'aimais bien cette fille, mais sa lacheté m'avais déçu. Je ne demandais pas qu'elle leur rentre dedans mais ne serait-ce qu'une présence.

 

Un peu dégoûtée en terme d'amitié, je suis rentrée au lycée. La pire période de ma vie. C'est alors que j'ai adopté le style gothique, le seul qui me correspond et reflète mon âme. Je me suis fait une amie en seconde, ça pouvait allé. Elle est partis en première ES et moi L. Une véritable amie à ce moment là. J'étais réconciliée avec l'amitié. Seulement, il y avait ces filles: vous savez les "poufs" du bahut, elles étaient massives dans ma classe. C'était jugement hatifs sur mon look, ma personnalité introvertie et ma grande gueule. J'ai beau être timide l'injustice m'insupporte. 

 

Vu ma différence j'étais la souffre-douleur toute trouvée. Et bien sûr le fan club masculin suivait. J'étais insultée du matin au soir. Dès que je rentrais de week end j'avais le droit à la fameuse phrase : alors tu ne t'es pas suicidée ce week end? Et j'en passe des meilleurs. Pendant cette période mes parents divorçaient. J'étais prise à partie pendant leurs disputes. Je ne supportais plus mon père qui m'en avait fait bavée pendant mon enfance et mon adolescence. 

 

Un jour j'ai pété cable, j'ai balancé mon épilateur électrique par terre, je lui ai dit d'aller se faire fouttre en lui faisant un fuck. Ce jour là ma mère s'est interposée pour me protéger. Puis, ma mère l'a quitté et avons déménagé dans une maison Girondine ( résidence sociale). Mon père est resté seul dans notre ancienne maison. Il a sombré dans la dépressione et les envies suicidaires. 

 

Mais enfin nous étions libres!!! Malheureusement, à peine une semaine après notre emménagement, un homme est arrivé. Mon beau-père. Je me suis rendue compte que ma mère avait quelqu'un depuis un moment. Je croayis être délivrée d'une ombre masculine, pouvoir avoir mon frère et ma mère à moi toute seule pour qu'on se reconstruise. Il a emménagé. Et au lieu de s'intégrer progessivement, il voulait m'évincer.

 

Dès que nous mangions à table, c'est lui qui devait manger à côté de ma mère, quand nous nous promenions, c'est lui qui devait être à coté de ma mère, quand je parlais il me coupait la parole, c'est lui qui choisissait le programme télé... mais surtout quand je proposais à ma mère d'aller sortir toutes les deux pour pouvoir confier ma peine à ma mère ou simplement lui parler, il s'interposait et disait qu'il venait avec nous. Je n'aivais jamais jamais jamais! un moment avec ma mère. 

 

De son côté mon frère souffrait de la séparation de mes parents, de la présence de ce beau-père encombrant et égoiste. Je me disputais sans cesse avec lui. Un jour ma mère m'a sorti la phrase maudite: "tu me pourris la vie". Alors j'ai compris que ma mère avait trop souffert avec mon père et maintenant voulait vivre sa vie de femme et moins celle de mère. 

 

J'ai alors décidé d'aller vivre avec mon père qui lui était parti vivre à Grenoble pour la rentrée en terminale. Il était maintenant avec ma belle-mère. Je savais que mon père n'aurait pas changé, mais je ne supportais plus d'entendre cette phrase maudite dans ma tête alors autant que je la laisse vivre et que je m'exile. D'un autre côté je rentrais dans un autre lycée et mes cousins, ma grand-mère et une grande partie de ma famille habitait Grenoble. 

 

Je ne m'entendais toujours pas avec la totalité de la classe mais  je m'étais faite deux amies géniales. On étaient toujours fourrées ensemble. J'ai eu mon bac et j'ai décidé de rentrer en fac de droit. 

 

La relation entre mon père et ma belle-mère s'est déteriorée. Mon père me prend la tête chaque jours et me porte responsable de leur rupture. On emménage à deux dans un appart. Il sort avec une autre dame: une femme extraordinaire mais malheureusement malade. Je me lie d'amitié avec elle. Mais il la quitte car il lui dit qu'il ne veut pas rester avec quelqu'un de malade et de trop marqué physiquement. Cela me brise le coeur.

 

Pendant ce temps je me sens seule. Je rencontre un homme âgé de 36 ans sur le net. j'avais alors 18 ans. Son âge ne me gêne pas. Mais au fil des rencontres, il me fait de plus en plus peur. Il se dit sataniste, met des protraits de moi avec les yeux peints en rouge dans son salon, met des voiles noirs au-dessus de son lit, à des pratiques sexuelles particulières, me dit parler à la femme de satan et que je suis liée à lui par un serment. Si je casse je meurt d'après lui. Je lui tiens tête, je lui dit que je le quitte. Il retrouve mon université, m'attends à l'exterieur. Je sors, je le vois, je prend mon courage à deux mains, j'y vais.  On parle, il ne veut pas que je le quitte, il me baffe. Une femme de ménage intervient. S'en suis un mois de harcèlement avec plus de 100 messages par jour d'insultes et de menaces de mort. Je père un cable, jlui dit d'aller se faire fouttre. Il revient à ma fac, me traine pour monter sur un toit de batiment. Il me regarde dans les yeux et me dit "bé alors on saute, viens on va sauter maintenant". Je me débat, il me lâche. Il m'emmène dans un coin pour parler. Là la pire décision de ma vie: le suivre. Je ne décrirais pas la scène mais c'est à cet instant qu'il a déchiré mon âme et que quelque chose dans ma tête a sauté. 

 

Je rentre chez moi, dans un appartement vide car entre temps mon père s'est remis avec ma belle-mère et est tout le temps chez elle. Je suis seule 24 h sur 24  dans l'appart. Mon père me délaisse. Je parle avec ma meilleure à amie de Grenoble à une fête forraine. On est assise sur un banc, deux policiers passent. Elle me regarde, je lui dit allez on y va. Elle m'accompagne au commisariat. Dans le secret, sans que ma famille n'en ai vent. Je porte plainte et un brigadier pour mineur prend en charge mon dossier. Je ne parle que du harcèlement, de ses menaces  et de la baffe à la fac. Au final, mon père apprend la nouvel et m'accompagne à un rendez-vous avec le brigadier. Tout ce qu'il trouve à faire c'est demander s'il y a du boulot pour lui ancien militaire. Le policier le remet à sa place et lui dit d'assumer son rôle de père mais rien n'y fera.

 

(Mon père a passé 20 ans comme sous-marinier, ça a bousillé notre famille et l'a mené à péter des cables sur nous à longueur de journées...) Mon enfance a été régie par la peur, le rabaissement permanent, le rejet, la souffrance, la honte, l'angoisse...

 

J'ai tellement mal, mon corps est tellement souillé, j'ai peur qu'il trouve où j'habite et qu'il me tue. Le dégoût de moi-même prend le dessus. 

 

Au final, je me laisse crever de faim, je ne supporte plus la douleur et la solitude. Ma meilleure amie a peu de temps à me consacrer. Je n'ai même plus la force de me lever de mon lit. Je ne manges plus que 200 kcal par jour voir quelque fois 400. Je maigris tellement vite, c'est tellement jouissif. Enfin, j'ai un peu de contrôle dans ma vie. J'ai envie de plaire mais j'ai toujours aussi peur des hommes (depuis toute petite j'ai toujours eu peur des hommes et je ne sais toujours pas à l'heure actuelle pourquoi, je suis mal à l'aise avec les hommes...). Jje perd 20 kilos en 3 mois et demi. J'atteint les 53 kilos. Mais avec le temps les crise de boulimie vomitives apparaissent. Quelle horreur, je reperds le contrôle... Je me fais vomir jusqu'au sang. J'évacue ce surplus d'émotions, je les gerbe comme des sentiments mal digérés. Je commence à beaucoup plaire aux hommes. Dès que je sors, on me drague. Je m'habille plus sexy. Ce sentiment me plait. Mais je m'enfonce dans les TCA de plus en plus. Je décide de prendre une appart étudiant et donc je rencontre une assistante sociale. 

 

Ma mère m'appelle, désemparée. Elle sait que je maigris trop vite, que ma relation avec mon père est désastreuse et que je suis suele dans un appart face à ma dépression et mes envies suicidaires. Je n'ai qu'une seule alliée: Ana et parfois Mia. Ma mère s'inquiète trop . Notre relation a toujours été fusionelle avant mon beau-père. Cela me manque, je ne supporte plus la solitude. J'ai besoin de soutien et elle a appris pour le harcèlement que j'ai vécu. Je décide de rentrer. Peut être que tout s'arrangera.

 

Je rentre, on pars en vacances d'été. Je me met au régime dukan. Je remange mais jamais d'écart au régime hyperprotéiné. Puis je me réenfonce, ne mange que très peu mais maintenant que des protéines. Je ne supporte plus le gras, cela devient une phobie. Quand ma mère cuisine de la viande à côté de ma poêle avec de la graisse, je fais des crises d'angoisses à la moindre éclaboussure de graisse dans mon assiette. Personne ne doit préparer ma nourriture à ma place par peur que l'on me cache du gras dedans. Je deviens insomniaque. Je bouge en permanence . Personne ne doit faire la vaisselle, le ménage ou ranger les courses à ma place. 

 

Ma mère ne supporte plus mon comportement. Je suis tellement faible que je ne peux pas les suivre lors des randonnées. Je reste assise dans l'herbe à les attendre. Les gens me regarde bizarrement. Je pleure à en mourrir, ma mère ne bronche pas. Je fais crise d'angoisse sur crise d'angoisse.

 

On rentre, je m'inscris en fac de psycho. Je rencontre un pote génial, mon meilleur ami. Mais lui aussi est suicidaire, donc au final on s'entraîne mutuellement. Je m'enfonce dans les périodes d'ano et de boulimie vomitive mais celles-ci sont beaucoup plus fréquentes et durent plus longtemps. Je reprends du poids. Je râte mon année de fac. Encore un échec, putain. J'ai du mal à supporter les échecs surtout scolaires...

 

Je rencontre mon copain actuel, une bouffée d'air pur. Je me confie à lui, mes TCA, mon histoire avec l'homme de 36 ans, mon mal-être... Qu'est ce que ça fait du bien! On tombe amoureux. Lui aussi a eu une vie difficile à érrer, à vivre dans la rue... On se comprend. Il prend soin de moi. 

 

Je rentre en première année de bts. Je m'enfonce dans la boulimie. Je réussie avec succès ma première énnée de BTS dans le social. Mon copain est mis à la rue par sa colloc. Jje demande à ma mère de l'héberger en attendant qu'il trouve un appart. Il a enfin un CDI, me demande d'habiter avec lui. On emménage et j'entre en deuxième année de BTS. 

 

Tout s'annonce bien mais malheureusement mon copain est alcoolique et je dois l'aider à s'en sortir. Je mets toute mon âme à l'aider. Cela fait un an que nous habitons ensemble et bientôt deux ans que nous formons un couple. Cependant, depuis que nous habitons ensemble, j'ai vu d'autres facettes de sa personnalités qui m'attristent. Je l'ai aidé à sortir de l'alcoolisme mais lui n'est pas là pour m'aider à sortir de mes TCA. Je pleure, il me laisse pleurer comme si il n'avait aucune sensibilité. 

 

Et bien sûr il a fallu qu'il me compare à sa meilleure amie en disant qu'elle faisait le bon poids pour sa taille et que je devrais lui ressembler car je serais canon si j'étais plus mince. au final, il s'est rapproché de cette fille et m'a délaissé, après m'avoir fait naître ce sentiment d'infériorité. La nana l'appellait à 00h pour lui dire de venir car son copain était parti, certes ils ne s'aiment pas mais j'ai trouvé ça louche. Je le prend mal je lui dit, il n'y va pas et lui transmet mon mécontentement. Elle renvoit un message le lendemain à la première heure, ce foutage de gueule. Après tout s'est accumulé, il allait la voir en me disant qu'il allait pas chez elle, gardait des photos d'elle dans son portable contre une seulement de moi... Un jour, j'ai pété un cable et il a décidé d'arrêter de la voir même si il me certifiait que c'était que sa meilleur pote. Ensuite je me suis expliquée avec elle, donc j'ai dit qu'ils pouvaient se voir mais pas trop non plus sans que je pète des cables, sans qu'elle l'accapare. Une semaine après elle intègre le groupe de mon copain en tant que batteuse, et c'est reparti pour les angoisses deux fois par semaines pendant les répèt... 

 

Donc, je me sens toujours en danger face à elle. Cela a par la même occasion renforcé mes TCA... Et là mes obsessions reviennent. D'autant plus, que j'ai repris 20 kg. Mon seul but est maintenant de faire disparaître ce corps! Je me dégoûte et la solitude revient me pourri la vie. On ne fait que s'engueuler et il me délaisse. Je ne supporte plus. Heureusement, mon chat, mon rayon de soleil est là pour me sauver la vie et le coeur brisé qu'il me reste. Cependant, depuis que j'ai quitté le cocon familliale ma mère est redevenui plus proche de moi. Mais lui ayant assez gâché la vie, je ne veux plus être un poids, et donc je garde ma peine pour moi. Je me bouffe de l'interieur. J'ai mon BTS social. Mon but est de travailler avec des jeunes en souffrance . C'est la seule qui me fasse avancer.... Je verrais bien où ma propre vie me mènera.



26/06/2012
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